Trois hypothèses, six équations
Aucune équation n'a été ajoutée pour la démonstration technique.
L'appareil quantitatif ne se comprend qu'en le rattachant aux hypothèses. Chaque équation existe parce qu'une question précise l'exigeait. Le tableau ci-dessous fait cette correspondance dans les deux sens.
| Hyp. | Question posée | Éq. | Famille de méthode | Résultat obtenu |
|---|---|---|---|---|
| H1 | La violence locale pousse-t-elle au départ ? | 3.2 | Comptage, pseudo-vraisemblance de Poisson | Oui, β ≈ 2,23 |
| H1 | La violence des communes voisines aussi ? | 3.3 | Retard spatial de la variable explicative | Oui, β₂ = 1,18, p = 0,008 |
| H2 | L'accueil est-il plus concentré que la génération ? | 3.1 | Mesure de concentration, inférence par bootstrap | Oui, 0,617 → 0,798 |
| H3 | La réponse humanitaire a-t-elle suivi le déplacement dans le temps ? | 3.4 | Panel à deux sens d'effets fixes | Non, β = 0,02, p = 0,92 |
| H3 | Le résultat tient-il en variations pures ? | 3.5 | Différences premières | Confirmé, β = −0,09, p = 0,61 |
| H3 | La sous-dotation vient-elle du besoin ou de l'accès ? | 3.6 | Moindres carrés en coupe, log-log | Ni l'un ni l'autre, β₂ = +0,06 |
Correspondance. Hypothèses, équations et résultats. Les numéros d'équation sont ceux du chapitre 3 du manuscrit. Les valeurs affichées ici sont arrondies pour la lecture ; les valeurs exactes sont plus bas, dans les valeurs figées.
Les équations 3.2 et 3.3 établissent d'où vient le déplacement, l'équation 3.1 mesure où il se dépose, et les équations 3.4 à 3.6 testent si la réponse a suivi. Le mémoire raconte donc une chaîne : une cause, une forme spatiale, une réponse qui décroche.
Les six équations, écriture compacte
La notation est commune aux six. Chaque titre ouvre la fiche complète.
(3.1) Indice de Gini sur données discrètes
Mesure la concentration spatiale des flux. Calculée séparément sur les flux sortants et entrants, l'écart entre les deux étant l'objet de H2.
où xi désigne les flux triés par ordre croissant et n le nombre de communes. L'indice varie de 0, distribution parfaitement égale, à 1, concentration totale sur une seule commune.
(3.2) Modèle principal, PPML à double effet fixe
Teste la composante locale de H1. Estimé par pseudo-maximum de vraisemblance de Poisson
(fepois), écarts-types groupés par commune.
(3.3) Extension spatiale, retard spatial de la violence
Teste la composante de voisinage de H1 et corrige structurellement le collapse de géocodage d'ACLED sur la ZMPP.
Ṽit = Σj=1..n wij · Vjt (3.3)
β1 mesure la réponse à la violence locale, β2 l'effet de la violence du voisinage sur le flux d'une commune, effet local et effets fixes tenus.
(3.4) H3 longitudinal, effets fixes croisés
La présence humanitaire a-t-elle suivi le déplacement à l'intérieur d'une même commune ? Régression within à deux sens d'effets fixes sur le panel commune × date 2022-2026.
(3.5) H3 longitudinal, différences premières
Variante de robustesse de (3.4), différenciée entre dates consécutives.
(3.6) H3, besoin contre capacité
Coupe transversale intégrant la sévérité d'accès comme mesure de capacité, à besoin et violence contrôlés. Départage la contrainte de capacité du défaut d'allocation.
Où chaque équation intervient dans le manuscrit
3.1Ch. 3 § 3.6.1 (méthode) → Ch. 4 § 4.4 (H2)3.2Ch. 3 § 3.6.2 → Ch. 4 § 4.3.2 (H1 local)3.3Ch. 3 § 3.6.2 → Ch. 4 § 4.3.4 (H1 voisinage)3.4Ch. 3 § 3.6.2 → Ch. 4 § 4.5.4 (H3 temps)3.5Ch. 3 § 3.6.2 → Ch. 4 § 4.5.4 (robustesse)3.6Ch. 3 § 3.6.2 → Ch. 4 § 4.5.3 (accès)
Comment lire une fiche d'équation
Une fiche par équation, toujours dans le même ordre.
Chaque équation reçoit une fiche construite selon un plan fixe. On y trouve d'abord la formule telle qu'elle apparaît au chapitre 3, puis un tableau qui décompose chaque symbole, puis les encadrés : l'origine intellectuelle, ce que l'équation apporte concrètement au mémoire, et les alternatives écartées avec la raison de leur mise à l'écart. Une frise généalogique retrace enfin les personnes qui ont contribué à la construire.
Les trois couleurs d'encadré ont un sens constant d'un bout à l'autre du dossier, et le rouge est réservé aux révisions ouvertes.
Qui a proposé cette formule, dans quel contexte scientifique, et par quelles mains elle est passée avant d'arriver jusqu'à nous.
Ce que l'équation permet d'établir précisément, quelle hypothèse elle teste, et quel résultat chiffré elle a produit.
Les modèles concurrents envisagés, ce qui les disqualifiait ici, et la réponse à donner si la question tombe à la soutenance.
Les coefficients reprennent ceux figés dans redaction/EQUATIONS_nouvelles.md
et au chapitre 4. Les statistiques descriptives ont été recalculées le 25 juillet 2026
depuis donnees/generees/. En cas d'écart, le .Rmd fait foi.
Valeurs figées
Toutes issues de rendus R réels. Aucune n'est recalculée ni réarrondie ici.
La convergence de ces variantes, plus que la valeur ponctuelle d'un coefficient, fonde les conclusions du mémoire.
| Spécification | Coefficient | Écart-type | p | Obs. |
|---|---|---|---|---|
| Violence politique (t), EF commune | 2,128 | (0,133) | < 2e-16 | 1 118 |
| Violence politique (t), EF commune + mois | 2,233 | (0,406) | 3,7e-08 | 962 |
| Violence politique (t), EF commune + tendance | 2,110 | (0,151) | < 2e-16 | 1 118 |
| Violence politique (t-1), EF commune + mois | 1,517 | (0,377) | 5,7e-05 | 936 |
| Ciblage des civils (t), EF commune + mois | 1,666 | (0,564) | 0,0031 | 962 |
| Politique + ciblage (coef. politique) | 3,046 | (1,430) | 0,033 | 962 |
| Violence politique (t), sans Port-au-Prince | 1,959 | (0,455) | 1,7e-05 | 825 |
| Locale, modèle avec voisinage (éq. 3.3) | 2,591 | (0,483) | 8,3e-08 | 962 |
| Violence des communes voisines (éq. 3.3) | 1,182 | (0,447) | 0,0082 | 962 |
Modèle de Poisson à effets fixes (PPML), écarts-types groupés par commune. Variable clé reportée à chaque ligne. Tableau 4.8 du mémoire. L'introduction du voisinage élargit l'identification de 7 à 25 communes.
| Spécification log-log, EF commune | Coefficient | Écart-type | p |
|---|---|---|---|
| Violence cumulée, EF commune | 0,902 | (0,692) | 0,2 |
| Violence cumulée, EF commune + tendance | 0,258 | (0,827) | 0,76 |
Erreurs standard HC3. Corrélation intra-commune entre violence cumulée et temps : 0,97. Le coefficient s'effondre sous contrôle de tendance : symptôme de colinéarité avec le temps. Tableau 4.5 du mémoire. C'est ce constat qui impose la mesure mensuelle.
| Flux | Indice de Gini | IC 95 % (bootstrap) |
|---|---|---|
| Sortants (génération) | 0,617 | [0,410 ; 0,706] |
| Entrants (absorption) | 0,798 | [0,695 ; 0,855] |
| Différence (absorption − génération) | 0,180 | [0,048 ; 0,391] |
2 000 rééchantillonnages des communes avec remise. p de la différence : 0,009. Tableau 4.10 du mémoire. À part : la concentration de la violence elle-même atteint un Gini de 0,846 sur les 40 communes ayant enregistré au moins un événement, les cinq plus violentes concentrant 82 % des événements.
| Estimateur | Coefficient | Écart-type | p |
|---|---|---|---|
| Entre communes (between) | 2,42 | (0,33) | 9,8e-12 |
| Intra-commune, double effet fixe (within) | 0,02 | (0,22) | 0,92 |
| Différences premières | -0,09 | (0,18) | 0,61 |
Panel commune × date, 8 instantanés 2022-2026. Variable dépendante : nombre d'organisations. Régresseur : ln(1 + PDI). Between : moyennes temporelles par commune, R² = 0,29. Tableau 4.18 du mémoire.
| Variable explicative | Coefficient | Écart-type | p |
|---|---|---|---|
| Déplacement, ln(1 + PDI) | 0,121 | (0,024) | 1,7e-06 |
| Sévérité d'accès (OCHA Overall) | 0,057 | (0,034) | 0,094 |
| Violence, ln(1 + événements) | 0,045 | (0,015) | 0,0034 |
Variable dépendante : ln(1 + organisations). MCO transversal, 139 communes, sévérité d'accès de décembre 2025. Tableau 4.16 du mémoire.
| Test | Statistique | p | Champ |
|---|---|---|---|
| Spearman, stock PDI et nombre d'organisations | ρ = 0,443 | < 0,001 | 139 communes appariées |
| Wilcoxon-Mann-Whitney, dotation forte contre faible intensité | W = 1 288 | < 0,001 | 69 contre 70 communes |
Groupes définis par la médiane du stock de PDI. Médiane d'organisations : 7 en
faible intensité, 10 en forte ; médiane de secteurs : 4 contre 6. Tableaux 4.13 du mémoire.
Ces deux statistiques sont à recalculer après correction des doublons de
analyse_complementaire_3w.csv (Données, révision 01).
Failles et à-faire
Trois points ouverts sur l'appareil quantitatif lui-même.
Le fichier redaction/EQUATIONS_nouvelles.md numérote les équations en
2.x (2.3 à 2.6), héritage du plan antérieur, alors que les chapitres rendus
les appellent en 3.x (3.1 à 3.6) et que le chapitre 4 y renvoie tantôt par
« équation 2.3 », tantôt par « équation 3.3 ». À unifier sur 3.x dans le fichier d'équations
et dans les renvois du chapitre 4.
L'hypothèse H1b (décrochage territorial) a été ajoutée à l'avant-projet et n'a jamais été
estimée. Le test prévu est l'interaction de la violence avec la sévérité d'accès sur le flux
sortant : fepois(flux ~ log1p(ev_pol) * severite_acces | commune + mois). Il
s'agirait de vérifier si l'élasticité de la violence s'affaisse quand l'accès se durcit, ce
qui départagerait immobilité contrainte et sous-mesure. En l'état, le décrochage est
caractérisé par ses corrélats et non décomposé, réserve à maintenir explicitement dans les
limites.
Trois écarts à trancher, tous en faveur du chapitre rendu, qui fait foi :
- within de l'éq. (3.4) : p = 0,92 dans les chapitres 4 et 5,
p = 0,93 dans
EQUATIONS_nouvelles.md. - sévérité d'accès de l'éq. (3.6) : 0,057 (p = 0,094) dans le chapitre 4,
+0,06 (p = 0,09) dans
EQUATIONS_nouvelles.md, +0,07 (p 0,04 → 0,09) dansA_FAIRE_CTPEA.md. - β2 de voisinage : 1,182 (p = 0,0082) au rendu R avec
adjacence
st_touches; la reproduction Python donnait 1,07 à p ≈ 0,045. L'écart venait de l'adjacence et du calcul des écarts-types, non du fond de carte. La spécification canonique du manuscrit est celle de R.