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Les chapitres · page 10 / 26

Ch. 4, Résultats

Rédigé et rendu, 38 pages mesurées, le chapitre le plus lourd du mémoire. Une section par hypothèse, précédée d'une caractérisation de la crise et suivie d'une synthèse. Trois verdicts : confirmée, confirmée, partiellement vérifiée.

Squelette

38 p.mesurées
19tableaux
21figures et cartes
6sections
Tableau 10.1, Sections du chapitre rendu
SectionObjetTeste
4.1 Introduction du chapitreAnnonce de l'organisation, une section par hypothèsesans objet
4.2 La géographie de la violence et du déplacementÉvolution temporelle, transformation territoriale, profil spatial de la violenceDescriptif
4.3 Les déterminants territoriaux du déplacementDescriptif de la relation, modèle PPML, décrochage, robustesse et débordementH1
4.4 La concentration territoriale du déplacementGini sortants, Gini entrants, comparaison, décilesH2
4.5 La réponse humanitaire face à la géographie du déplacementDistribution territoriale, besoins contre réponse, contraintes d'accès, comparaison temporelleH3
4.6 Synthèse des résultatsTrois verdicts et leur ligne directrice pour la planificationsans objet

Les résultats sont énoncés au passé et rapportés à leur mesure, comme l'exige le protocole. Leur interprétation est renvoyée au chapitre 5.

La crise en chiffres

Tableau 10.2, Bilan annuel du déplacement (tableau 4.1 du mémoire)
AnnéeÉvénementsIndividus déplacésPart (%)Individus / événement
202331091 02715,4294
2024545144 56524,4265
2025623273 21246,1439
202634383 81414,1244

2026 : données partielles, janvier à juillet. Le rapport individus par événement a crû sur la période : les mouvements ne se sont pas seulement multipliés, ils se sont alourdis.

Trois phases. Une première, en 2023, comparativement contenue. Une deuxième, en 2024, marquant une accélération nette. La troisième, en 2025, portant le phénomène à son intensité maximale, avec plus que les deux années précédentes réunies. Le pic mensuel a été atteint en mars 2025, avec 72 690 individus déplacés en un mois, au moment des grandes offensives sur la zone métropolitaine et l'Artibonite. Le stock a atteint 1 459 693 personnes au dernier round.

Deux séries mensuelles superposées, violence ACLED et flux de déplacement, évoluant de concert.
Figure 4.3Co-évolution mensuelle de la violence et du déplacement, échelle nationale. La montée des événements précède d'un à deux mois le gonflement des flux
Carte des événements ACLED cumulés par commune, concentration sur la zone métropolitaine.
Carte 4.1Intensité de la violence armée par commune. Gini de concentration 0,846 ; les cinq communes les plus violentes portent 82 % des événements
Tableau 10.3, Principaux corridors interdépartementaux (tableau 4.2 du mémoire)
OrigineAccueilIndividusÉvénements
CentreOuest5 05917
ArtiboniteOuest2 2176
ArtiboniteCentre1 71711
CentreNord1 6907
OuestSud-Est1 0006
CentreArtibonite8148
OuestArtibonite6829
OuestNippes6606
OuestCentre45112
OuestSud2279

Corridors interdépartementaux, origine différente de destination. Le sens de circulation traduit une fuite des zones de conflit vers des départements perçus comme plus sûrs, et non une attraction économique de la capitale.

Port-au-Prince a dominé les deux classements : première commune génératrice avec 189 769 individus quittant son territoire, et parmi les premières réceptrices. Ce double statut est la signature de la crise : l'épicentre de la violence est aussi le principal foyer de départ.

H1, Violence et déplacement

Confirmée dans le champ des communes documentées comme génératrices. La violence armée est fortement, robustement et temporellement associée au déplacement sortant ; l'association résiste au contrôle du temps et à neuf spécifications, et elle déborde les frontières communales.

Le coefficient de la violence politique contemporaine s'établit à 2,233 (p = 3,7e-08) et demeure hautement significatif malgré les effets fixes mensuels. La violence retardée d'un mois reste significative à 1,517, ce qui établit l'ordre temporel : la violence précède le déplacement. Le débordement de voisinage atteint 1,182 (p = 0,0082) et fait passer l'identification de 7 à 25 communes. Toutes les spécifications sont dans les valeurs figées, tableau 15.1.

Le décrochage violence-déplacement

L'association d'ensemble n'épuise pas la question : pour la planification, l'intérêt se déplace vers les communes où violence et déplacement ne se correspondent pas.

Tableau 10.4, Typologie du décrochage (tableau 4.7 du mémoire)
TypeCommunesViolence méd.Flux sortant méd.Stock IDP méd.Orgs méd.Sévérité accès moy.
A. Violence forte, déplacement fort51 32238 86314 742172,80
B. Violence forte, déplacement faible16238013 723140,69
C. Violence faible, déplacement fort8017 42817 137122,25
D. Violence faible, déplacement faible110004 14680,58

Communes suivies par le DTM, classées par la médiane de la violence cumulée et du flux sortant. Sévérité d'accès : échelle OCHA Overall de décembre 2025, moyenne par type.

Rampe de sévérité d'accès, échelle OCHA Overall

  • Quatre niveaux, du moins au plus contraint. La pastille placée devant une valeur du tableau indique son niveau : les types B et D sont d'accès facile, les types A et C d'accès moyennement contraint. C'est ce contraste qui écarte l'explication de la sous-dotation par l'enclavement.

Le type B, violent mais sans départ enregistré, conserve sur place un stock élevé de déplacés avec un accès relativement facile (sévérité 0,69) : son décrochage tient à un déplacement de proximité ou à une sous-mesure des sorties, non à un enclavement. Le type C, à l'inverse, génère d'importants départs sans violence enregistrée sur son propre territoire : il relève du débordement spatial. Le modèle transversal isole 9 communes sous-prédites, 9 sur-prédites et, parmi celles-ci, 19 communes « piégées » cumulant violence forte, départ quasi nul et population déplacée présente.

La présence humanitaire suit la visibilité de la violence plus que le volume déplacé : elle culmine dans le type A avec une médiane de 17 organisations, alors que le type C, au stock le plus élevé, reste à 12.

H2, Concentration spatiale

Confirmée dans les deux dimensions postulées. Le déplacement est spatialement concentré à la génération comme à l'accueil, et l'absorption est significativement plus concentrée que la génération.

0,617Gini sortants
0,798Gini entrants
0,180différence, p = 0,009
50 %déplacés dans 10 % des communes

Les dix pour cent de communes les plus chargées concentraient 50 % de l'ensemble des personnes déplacées du pays, les vingt pour cent les plus chargées 66,5 %. Du côté des flux d'accueil, les dix pour cent des communes réceptrices les plus sollicitées absorbaient 66,9 % des entrées.

Tableau 10.5, Flux sortants par département d'origine (tableau 4.9 du mémoire)
Département d'origineFlux totalPart (%)Communes
Ouest328 88555,513
Artibonite153 09125,88
Centre102 63617,33
Sud-Est5 6561,01
Nord-Ouest2 3500,41
Deux courbes de Lorenz, celle des entrants plus éloignée de la diagonale que celle des sortants.
Figure 4.8Courbes de Lorenz : génération et absorption. La courbe des entrants s'éloigne davantage de la diagonale d'égalité
Carte de la part des déplacés dans la population communale, jusqu'à plus de 60 pour cent.
Carte 4.5Pression du déplacement, déplacés en % de la population communale. La charge d'accueil dépasse parfois le quart ou le tiers des habitants

H3, Réponse humanitaire

Partiellement vérifiée La réponse a suivi la géographie des besoins, mais imparfaitement : proportionnalité transversale modérée, subsistance de communes fortement touchées et sous-dotées, aucune réallocation dans le temps. L'imperfection ne tient pas à l'inaccessibilité, mais à un biais d'attention adossé à la visibilité de la violence.

La mise en correspondance DTM et 3W porte sur 139 communes, toutes disposant d'au moins une organisation : la couverture territoriale est universelle. Cette universalité est trompeuse si on la lit comme une adéquation, car elle porte sur le nombre d'organisations et non sur la complétude des services.

Tableau 10.6, Profil sectoriel de la réponse (tableau 4.11 du mémoire)
Secteur / clusterCommunes couvertesOrganisations
Coordination, logistique et services support1405
Éducation12114
Nutrition8941
Santé897
Protection des migrants8229
Protection générale7514
Sécurité alimentaire7435
Protection de l'enfant3445
VBG3442
EPAH (eau et assainissement)2418
Abris et BNA2111
CCCM (gestion des sites)819

Nombre de communes sur 140 et d'organisations distinctes par secteur, 3W de février 2026. Les secteurs les plus directement liés à l'accueil des déplacés, abri, eau et assainissement, gestion des sites, sont les moins étendus.

0,443Spearman besoin / présence
20communes sous-servies
21communes prioritaires
32,7 → 8,8orgs / 10 000 déplacés

La dilution est le fait le plus parlant : rapporté au volume de déplacés, le nombre d'organisations a culminé à environ 32,7 pour dix mille déplacés en février 2024 avant de retomber à 8,8 au dernier millésime. La présence a crû en valeur absolue, mais bien moins vite que les besoins.

Tableau 10.7, Communes prioritaires : fort déplacement, faible couverture (tableau 4.15 du mémoire)
CommuneDépartementStock IDPPression (%)ViolenceOrgs
AquinSud37 23329,0178
La ValléeSud-Est19 61145,405
AbricotsGrande Anse19 02041,408
BainetSud-Est16 30715,946
Grand-GoâveOuest15 67111,505
Côtes de FerSud-Est14 95025,705
Les AnglaisSud12 75134,608
PlaisanceNord11 89015,6128
LimbéNord8 3308,9236
Plaisance du SudNippes8 14425,407
BaradèresNippes7 36115,208
Anse RougeArtibonite6 89414,508

Communes à stock d'IDP au-dessus de la médiane et présence humanitaire en dessous. Pression : déplacés en pourcentage de la population. Violence : événements ACLED cumulés. Ce sont les cibles naturelles d'un redéploiement : neuf des douze n'enregistrent aucune violence, et leur sévérité d'accès moyenne (0,33) est inférieure à celle des autres communes (0,85).

Carte de typologie en quatre classes croisant intensité du déplacement et couverture humanitaire.
Carte 4.11Typologie des communes pour la priorisation. En orange, les 21 communes à fort déplacement et faible couverture
Couverture par secteur, communes prioritaires contre ensemble des communes, écart systématique.
Figure 4.10Couverture sectorielle des communes prioritaires. L'écart se creuse sur l'abri, l'eau, la protection de l'enfant et les VBG

Failles et à-faire

Les renvois aux équations sont en 2.x

Le chapitre appelle les modèles « équations 2.2 et 2.3 » (§ 4.3), « équation 2.6 » (§ 4.5) et « équations 2.4 et 2.5 » (§ 4.5.4), numérotation héritée du plan à quatre chapitres. Le chapitre 3 les numérote 3.1 à 3.6. Sept renvois à corriger, plus les notes de bas de tableau 4.16 et 4.18 qui portent la même numérotation.

Surinterprétation dans le passage sur l'accès

La section 4.5.3 conclut que « la réponse se concentre au contraire sur l'épicentre actif et visible de la crise ». Cette formulation est plus forte que ce que les données autorisent, et le chapitre 5 § 5.2.4 la corrige déjà : le géocodage d'ACLED rattachant 63 % des événements nationaux à Port-au-Prince, la variable de violence mesure en partie l'appartenance au pôle capitale plutôt que l'exposition réelle.

Formulation à reprendre au chapitre 4 : la réponse se concentre sur le pôle métropolitain, où coïncident le volume du déplacement, les sièges des organisations, la couverture médiatique et la violence enregistrée, et elle néglige la périphérie d'accueil, accessible mais éloignée de l'attention. Même correction à porter dans documents/Note_Acces_Severite.md.

La robustesse ZMPP-en-bloc manque au tableau 4.8

Le tableau des spécifications compte neuf lignes et n'inclut pas la variante qui fusionne la zone métropolitaine en un bloc unique, pourtant validée : β violence locale de 1,93 en communes séparées contre 1,80 en bloc fusionné, donc stable. C'est le garde-fou direct contre le collapse de géocodage. Le script correspondant n'est pas encore dans scripts/ : il vit dans un fichier temporaire et doit être porté, ou intégré comme chunk du chapitre.

ZMPP, 7 communes DTM : Port-au-Prince HT0111, Delmas HT0112, Carrefour HT0113, Pétion-Ville HT0114, Cité Soleil HT0117, Tabarre HT0118, Croix-des-Bouquets HT0131.

Le chapitre renvoie au mauvais chapitre d'hypothèses

La première phrase du § 4.1 annonce « les trois hypothèses de recherche formulées au chapitre 1 ». Dans le plan à six chapitres, le chapitre 1 est la revue de littérature : les hypothèses sont formalisées au chapitre 2 et rappelées au chapitre 3 § 3.2.3. À corriger en même temps que la décision sur le doublon Ch. 2 / Ch. 3 § 3.2 (Ch. 2, révision 01).

Écart de comptage des communes violentes, à vérifier

Le chapitre 3 § 3.3.3 annonce 5 928 événements et 14 004 fatalités sur 42 communes depuis 2022. Le chapitre 4 § 4.2.3 calcule le Gini de concentration de la violence « sur les 40 communes ayant enregistré au moins un événement ». L'écart peut être légitime, les deux comptages ne portant pas nécessairement sur la même fenêtre ni sur le même appariement au fond de carte, mais il n'est pas expliqué. Deux chiffres proches et différents dans le même mémoire attirent la question. À vérifier et, si l'écart est réel, à justifier d'une demi-phrase.

Ce que le chapitre ne dit pas

  • H1b n'est pas testée. Le décrochage est documenté par ses corrélats, typologie et cartes de résidus, mais l'interaction violence × sévérité d'accès n'a pas été estimée. La part respective de l'immobilité contrainte et de la sous-mesure reste inconnue.
  • Les retours ne sont pas modélisés. Le DTM les documente et leur ampleur a fortement augmenté sur la dernière période. L'analyse porte sur la génération et l'accueil, pas sur le solde.
  • La durée du déplacement est absente. Rien ne distingue une installation durable d'un passage.
  • La violence est un comptage d'événements. Un barrage routier et un massacre y pèsent également, faute d'une pondération par la gravité qui serait cohérente entre les deux mesures d'ACLED.
  • La présence humanitaire est un décompte d'organisations, pas un volume d'assistance ni un montant engagé.