Aller au contenu

Le dossier · page 05 / 26

Avant-projet

Le document déposé, révisé le 24 juillet 2026 : problématique, questions, objectifs, quatre hypothèses opérationnelles. Et, en fin de page, les trois points sur lesquels l'analyse réelle s'écarte de ce qui y est annoncé.

Le document

Lire l'avant-projet sur la page

Lecteur natif du navigateur, sans rien charger depuis le réseau. Si le PDF ne s'affiche pas, les boutons de téléchargement restent au-dessus.

Tableau 05.1, Structure de l'avant-projet révisé
§SectionContenu
1Contexte et justificationChiffres de cadrage allégés, détail renvoyé aux résultats
2Revue de littératureSix sous-sections préparant chacune une hypothèse
3Cadre théorique et analytiqueConcepts, fondements, modèle conceptuel (figure 1), tableau 1 variables ↔ hypothèses
4ProblématiqueStructuration territoriale du déplacement par la violence
5Questions de rechercheUne question principale, trois questions spécifiques
6Objectifs et hypothèsesObjectif général, trois objectifs spécifiques, hypothèse directrice, H1 / H1b / H2 / H3
7Méthodologie7.1 design, 7.2 sources, 7.3 construction, 7.4 variables (tableau 3), 7.5 méthodes, 7.6 robustesse, 7.7 éthique, 7.8 limites
8Résultats attendus et contributionQuatre résultats attendus, contribution sur trois niveaux
9Plan provisoirePlan à six chapitres, remplacé le 24 juillet 2026
10ChronogrammeQuatre phases, à caler sur la date de soutenance
11Bibliographie préliminaireComplétée le 24 juillet ; Scott (1998) retiré, cadrage « lisible » abandonné

Sources : documents/Projet_Memoire_CTPEA.md et son rendu PDF ; journal d'application dans documents/A_FAIRE_CTPEA.md, section 5.

Problématique et questions

La tension analytique de départ est haïtienne et datée : Port-au-Prince, destination migratoire historique dans les modèles de type Harris-Todaro appliqués à Haïti, est devenue depuis 2022 la première commune génératrice de déplacement forcé. La logique d'attraction par les revenus urbains cède à une logique de répulsion violente dont la géographie reste peu quantifiée.

Problématique Dans quelle mesure la géographie du déplacement interne haïtien entre 2022 et 2026 est-elle structurée par la dynamique territoriale de la violence armée, et quelles implications cette relation présente-t-elle pour la planification territoriale et humanitaire à l'échelle communale ?

Pour la planification, l'enjeu n'est pas d'établir que la violence déplace, ce que la littérature tient pour acquis, mais de comprendre comment la dynamique territoriale de la violence structure la carte des besoins, et par quels facteurs cette structuration est modulée.

Tableau 05.2, Questions de recherche et hypothèse correspondante
QuestionÉnoncéHyp.
PrincipaleComment la dynamique territoriale de la violence armée structure-t-elle la géographie du déplacement interne en Haïti entre 2022 et 2026, et dans quelle mesure cette géographie est-elle prise en compte dans l'organisation de la réponse humanitaire à l'échelle communale ?sans objet
QS1Dans quelle mesure l'intensité de la violence armée au niveau communal est-elle associée aux flux sortants de déplacement interne, et dans quelles conditions cette relation se rompt-elle ?H1, H1b
QS2Comment les flux de déplacement interne se répartissent-ils dans l'espace haïtien, et la concentration des communes d'accueil diffère-t-elle de celle des communes d'origine ?H2
QS3Dans quelle mesure la présence humanitaire est-elle alignée sur l'intensité territoriale du déplacement, et quel rôle jouent les contraintes d'accès dans cette distribution ?H3

Objectifs et hypothèses

Objectif général. Analyser comment la dynamique territoriale de la violence armée structure la géographie du déplacement interne en Haïti entre 2022 et 2026, et évaluer les implications de cette relation pour la planification territoriale et la réponse humanitaire à l'échelle communale.

  1. Estimer l'association entre l'intensité de la violence armée et les flux sortants de déplacement interne au niveau communal, en identifiant les situations où cette relation se distend sous l'effet des contraintes territoriales.
  2. Mesurer la concentration spatiale des flux et comparer les dynamiques territoriales des communes génératrices et des communes d'accueil.
  3. Évaluer dans quelle mesure la distribution territoriale de la présence humanitaire est associée à l'intensité du déplacement et aux contraintes d'accès.

Hypothèse directrice La géographie du déplacement interne en Haïti entre 2022 et 2026 est structurée par la dynamique territoriale de la violence armée, mais cette relation est modulée par les contraintes de mobilité, les capacités d'absorption territoriale et les conditions d'accès humanitaire.

Les quatre hypothèses opérationnelles

Tableau 05.3, Hypothèses, mécanismes et variables (tableau 1 de l'avant-projet)
Hyp.Mécanisme théoriqueVariable expliquéeVariables explicativesRelation attendue
H1Arbitrage sous contrainte + contrôle territorialFlux sortants (commune × mois)Violence locale et violence des communes voisinesAssociation positive
H1bImmobilité involontaire ou sous-mesureFlux sortantsViolence × sévérité des contraintes d'accèsInteraction négative, élasticité affaiblie
H2Causalité cumulative et agglomérationConcentration (Gini) des fluxStatut de la commune : origine ou accueilGini accueil > Gini origine
H3Biais besoins-capacitésPrésence humanitaire (organisations)Intensité du déplacement ; sévérité des contraintes d'accèsPositive pour le déplacement, atténuée par l'accès

Ces hypothèses appellent des mesures que le seul comptage des événements ou des organisations ne fournit pas. La dimension territoriale de H1 impose de construire un retard spatial de la violence à partir d'une matrice d'adjacence communale. Le décrochage de H1b et la modulation de H3 imposent d'introduire la sévérité d'accès non comme simple contrôle, mais comme variable d'interaction et de stratification.

Résultats attendus et contribution

Tableau 05.4, Ce qui était attendu, ce qui a été obtenu
Hyp.Résultat attendu (§ 8.1)Résultat obtenuVerdict
H1Estimation de l'élasticité apparente entre violence et flux sortants2,233 (p = 3,7e-08), robuste à neuf spécifications ; voisinage 1,182 (p = 0,0082)Conforme
H1bDiagnostic de décrochage : carte des communes où la violence culmine sans flux équivalent, distinguant immobilité contrainte et sous-mesureTypologie en quatre types et trois cartes de diagnostic ; 19 communes « piégées ». Le test formel d'interaction n'a pas été conduitPartiel
H2Mesure comparée de la concentration de la génération et de l'absorption, cartographie des corridors et pôlesGini 0,617 contre 0,798, différence 0,180 testée par bootstrap (p = 0,009) ; matrice OD et cartes produitesConforme
H3Lecture besoin contre capacité : la présence suit-elle le déplacement, et fléchit-elle là où l'accès se durcit ?Suit en niveau (Spearman 0,44), pas dans le temps (within 0,02, n.s.) ; l'accès ne fait pas fléchir la présence, son coefficient est positifInversé

Colonne « obtenu » : valeurs des chapitres 4 et 5 rendus le 25 juillet 2026.

Contribution annoncée, sur trois niveaux

  • Scientifique. Première estimation économétrique à l'échelle communale de la relation entre violence armée et déplacement en Haïti sur la période ouverte en 2022, là où la littérature disponible reste descriptive.
  • Méthodologique. Intégration de bases géoréférencées hétérogènes en une base analytique indexée sur le Pcode communal, et combinaison d'analyses spatiales, économétriques et descriptives, transposable à d'autres crises peu documentées.
  • Opérationnel. Outil descriptif de priorisation territoriale, pensé à l'échelle des zones plutôt que des communes isolées, rendant visibles les corridors de déplacement comme les écarts de la réponse aux besoins.

Écarts avec l'analyse réelle

Trois points sur lesquels le mémoire ne dit pas ce que l'avant-projet annonçait. Aucun n'est un échec, tous demandent une phrase explicite dans le manuscrit pour que le jury ne les découvre pas seul.

H3 est inversée, pas seulement nuancée

L'avant-projet pose une présence humanitaire atténuée dans les communes à fortes contraintes d'accès. L'analyse établit l'inverse : à besoin et violence contrôlés, la sévérité d'accès ne réduit pas la présence (0,057, p = 0,094 ; le signe positif lui-même n'est pas robuste, voir éq. 3.6, révision 01), et la sévérité moyenne des communes prioritaires (0,33) est inférieure à celle des autres (0,85). La sous-dotation résiduelle se loge dans des communes d'accès facile mais éloignées de l'attention.

À exposer comme résultat, pas comme échec : c'est ce renversement qui rend la recommandation opérationnellement réaliste, puisque la correction relève d'une décision d'allocation et non d'un problème de moyens d'accès. La formulation à retenir est « la réponse suit le pôle capitale et néglige la périphérie accessible », et non « la réponse se concentre sur l'épicentre violent », formulation surinterprétée qui subsiste dans Note_Acces_Severite.md et dans le passage du biais de visibilité.

Les sources annoncées ne sont pas celles mobilisées

Trois écarts de périmètre entre le § 7.2 de l'avant-projet et le chapitre 3 :

  • 3W : annoncé à deux bornes (juin 2022 et juin 2026), avec une simple comparaison avant-après. Le mémoire assemble huit millésimes et conduit une analyse longitudinale complète, ce qui est un renforcement, non une réduction.
  • Sévérité d'accès : annoncée sur juin 2023-juin 2026 par vagues semestrielles. Le mémoire retient cinq millésimes 2024-2025 et une seule coupe transversale, l'échelle n'étant pas homogène entre millésimes.
  • Nombre de sources : l'avant-projet parle de « cinq bases », le chapitre 3 en décrit sept, la population IHSI et le fond de carte COD ayant été promus au rang de sources à part entière.
Documents annexes non alignés

Deux documents d'accompagnement n'ont pas suivi la révision du 24 juillet 2026 : One_Pager_Avant_Projet.md et Listes_Tableaux_Figures_Abreviations, où la figure 1 et les tableaux 1 à 3 manquent et où le plan à six chapitres n'est pas répercuté. Points classés « à la marge » dans A_FAIRE_CTPEA.md, mais le one-pager est ce que lit un directeur pressé.